MAÎTRE À DANSER : Pour moi, je vous l’avoue ; je me repais un peu de gloire ; les applaudissements me touchent ; et je tiens que dans tous les beaux arts, c’est un supplice assez fâcheux que de se produire
à des sots que d’essuyer sur des compositions la barbarie d’un stupide. Il y a plaisir,ne m’en parlez point, à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d’un art,qui sachent faire
un doux accueil aux beautés d’un ouvrage, et par de chatouillantes approbations vous régaler de votre travail. Oui, la récompense la plus agréable qu’on puisse recevoir des choses que l’on fait, c’est de les voir
connues, de les voir caressées d’un applaudissement. qui vous honore. Il n’y a rien, à mon avis, qui nous paye mieux que cela de toutes nos fatigues ; et ce sont des douceurs exquises que des louanges éclairées.
MAÎTRE DE MUSIQUE : J’en demeure d’accord, et je les goûte comme vous. Il n’y a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudissements que vous dites. Mais cet encens ne fait pas vivre ; des
louanges toutes pures ne mettent point un homme à son aise : il y faut mêler du solide ; et la meilleure façon de louer, c’est de louer avec les mains.C’est un homme, à la vérité, dont les lumières sont petites,
qui parle à tort et à travers de toutes choses, et n’applaudit qu’à contre-sens ;mais son argent redresse les jugements de son esprit ; il a du discernement dans sa bourse ; ses louanges sont monnoyées ; et ce
bourgeois ignorant nous vaut mieux, comme vous voyez, que le grand seigneur éclairé qui nous a introduits ici.MAÎTRE À DANSER : Il y a quelque chose de vrai dans ce que vous dites ; mais le trouve que
vous appuyez un peu trop sur l’argent ; et l’intérêt est quelque chose de si bas, qu’il ne faut jamais qu’un honnête homme montre pour lui de l’attachement.MAÎTRE DE MUSIQUE:Vous recevez. fort bien
pourtant l’argent que notre homme vous donne.MAÎTRE À DANSER : Assurément ; mais je n’en fais pas tout mon bonheur, et je voudrois qu’avec son bien il eût encore quelque bon goût des choses.MAÎTRE
DE MUSIQUE :
Je le voudrois aussi, et c’est à quoi nous travaillons tous deux autant que nous pouvons. Mais, en tout cas, il nous donne moyen de nous faire connoître dans le monde ; et il payera pour
les autres ce que les autres loueront pour lui.MAÎTRE À DANSER : Le voilà qui vient. Moliére(Le bourgeois gentillhomme-(Acte:1,Scene:1))

حدثنا عيسى بن هشام قال:كنت ببغداد عام مجاعة فملت الى
جماعة،قد ضمهم سمط الثريا،اطلب منهم شيئا،و فيهم فتى
ذو لثغة بلسانه،و فلج باسنانه،فقال:ما خطبك،قلت:حالان
لا يفلح صاحبهما فقير كده الجوع و غريب لا يمكنه الرجوع
فقال الغلام:اي الثلمتين نقدم سدها؛قلت الجوع قد بلغ
مني مبلغا:قال فما تقول في رغيف،على خوان نضيف، و بقل
قطيف الى خل ثقيف و لون لطيف،الى خردل حريف و شواء
صفيف،الى ملح خفيف،يقدمه اليك الان من لا يمطلك بوعد و
لا يعدبك بصبر...الخ
المقامة المجاعية؛بديع الزمان الهمداني